La frontière constitue une entité géographique complexe ; en effet, on peut la définir comme une ligne imaginaire séparant deux territoires, en particulier deux États souverains . La frontière territoriale est aujourd'hui considérée comme une ligne définie, marquant la séparation entre deux territoires relevant de juridiction différentes ; Elle marque donc la discontinuité entre des systèmes territoriaux identifiés par leur propre système de normes (culturels, juridiques, etc.).
Et pourtant il ne faut pas oublier une caractéristique essentielle de la frontière : celle de constituer une interface, une zone de contact et d'échange entre les États.
Le continent européen est représentatif de cette complexité ; en effet, cet espace géographique d'environ 10 millions de KM2 se trouve morcelé en une myriade d'États juridiquement différenciés. Et pourtant, si ces États semblent faire preuve d'un système territorial propre obéissant à une culture, et un héritage original, on ne saurait nier la prégnance d'un lien unitaire intrinsèque à la différenciation continentale. L'Europe, en temps que continent, présente les marques, les traces, les indices d'une identité proche, forgée dans la fusion et la restructuration permanente des héritages Comment une union aussi forte que L'Union Européenne eut-elle put se développer sans un sentiment d'identification ou du moins de compréhension entre les différents états la composant ?
Sur le plan socioculturel, aujourd'hui encore, l'Union Européenne est plus que jamais perçue de l'extérieur comme un foyer de modernisation chrétien, une « Nation libérale » extrêmement attirante pour les périphéries, basée sur l'esprit des Lumières et dont les avancées sont vouées à la diffusion.
Sur le plan politique, elle semble rayonner d'une démocratie généralisée.
Or rien n'est moins vrai que cette supposée homogénéité totale de l'identité européenne ; car ce continent reste avant tout une mosaïque démultipliée, présentant une forte diversité tant politique que religieuse (Europe, avec Nord protestant, Sud catholique et Est orthodoxe ou encore présence accrue et aujourd'hui fortement ancrée des musulmans dans les blakans ) ou encore ethno-culturelle ( rupture nord-sud ou même est-ouest)
Le territoire est fait de la résultante provisoire des attractions et répulsions entre ces différents systèmes, des interpénétrations et clivages qui font de la frontière l'interface capitale des rapports inter-nations.
Au sein d'une Europe marquée par la diversité politique, ethno-culturelle et religieuse, les frontières constituent t'elles une interface d'échange, visant à exploiter au mieux les diversités nationales ? La partition qu'elles représentent marque t'elle au contraire les ruptures et clivages qui traversent le continent européen ? Enfin, les dynamiques et logiques régionales qui s'observent à différentes échelles traduisent-elle une évolution vers l'effacement des frontières et l'affaiblissement de leur pouvoir structurant et partitif ?


